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Compagnie Aello

Je l'avais de si près tenu

une pièce de Yoland Simon

Vendredi 5 avril à 20h45

Espace culturel de la Hague

En 1920, deux sœurs parlent de la mort du fils de l’une d’entre elles. À travers cette évocation, elles nous font connaître les deux familles. Elles quitteront leur ferme pour laisser la place à leurs enfants, mais resteront ensemble pour réunir les vivants. La pièce est le premier volet d’une trilogie comprenant : Imprécations et Couleur de cerne et de lilas.

 

 

JULIENNE J’ai vu La Fine, hier, toujours alerte.

ESTHER Elle a bien du mérite.

JULIENNE Comme tu dis. Avec son sacré bonhomme qui dessoûle pas de la journée... Couché du matin au soir, à cuver, se relève que pour aller au cul du tonneau...

ESTHER Elle a ses quatre gars.

JULIENNE Avec ceux-la non plus, elle est pas toujours à la noce.

ESTHER Pas à la noce... C’est le mot... Des vieux garçons...

JULIENNE Et des rustres... Tu peux m’en croire. Ils n’osent même pas descendre au village pour s’acheter une culotte. Peur du monde, comme ils disent. C est La Fine qui y va.

ESTHER Entre deux messes.

JULIENNE Messes ou Vêpres... Pour les bondieuseries, La Fine, c’est quelque chose.

ESTHER Ça console !

JULIENNE Et ça meuble. Avec toutes ces vierges de toutes les tailles, sur toutes les cheminées, les grottes de Lourdes dans leur globe de verre et les crucifix, les chapelets et tous les Jésus et les sacré-cœurs sur les murs que t’en voies plus la couleur de son papier, je te jure c’est pas une maison, c’est quasiment une église. T’as presqu’envie de faire le signe de croix en rentrant pour prendre un petit jus.

ESTHER Chacun ses bibelots.

JULIENNE Ça fait marcher le commerce.

ESTHER Et chacun sa croix.

JULIENNE C’est surtout son vieil ivrogne, parce que les gars, c’est plus bête que méchant.

ESTHER Quatre garçons, par les temps qui courent...

JULIENNE Je te dis, de vrais sauvages. Ils sortent jamais de leur tanière. Pas plus au bal qu’à l’église.

ESTHER La Fine prie pour eux.

JULIENNE Malheureux tout de même, avec toutes ces filles qui trouvent plus à se marier.

ESTHER Pas toutes !


Biographie de Yoland Simon

Né en 1941 à Bailleul la Vallée, Yoland Simon est originaire du Cap de la Hague. Il fut professeur de lettres dans divers lycées du Havre, puis professeur de communication à l’I.U.T. du Havre où il dirigea le département Carrières sociales. En 1958 (à 17 ans) il présida le club Unesco du Collège Littré d’Avranches. En 1969, comme coopérant, il devint responsable du foyer culturel d’Azrou (Maroc). Il créa, en 1980, la revue culturelle Encrage. II collabora de 1980 à 1985 au Panorama de France Culture. Il impulsa de 1988 à 2013 le Festival Terres d’auteurs consacré aux écritures théâtrales contemporaines. Il fut Président de la Maison de la culture du Havre, de 1985 à 1990, puis de l'Union des Maisons de la Culture de 1989 à 1994 et il contribua dans cette fonction à la création des Scènes Nationales. Il présida l’association Ciné pour tous qui, jusqu’en 2014, organisa avec le soutien de la Fédération des Œuvres laïques de Seine Maritime des séances de cinéma dans les communes rurales de Seine Maritime. Yoland Simon participe à la vie de l'Agence Régionale des Lettres de Haute-Normandie, des E.A.T (Écrivains auteurs de Théâtre). Il est aussi boursier du Centre National des lettres et Chevalier des Arts et des Lettres.

Il a écrit une trentaine de pièces de théâtre publiées notamment par l'Avant-Scène, Les Quatre-Vents, Actes-Sud, L'oeil du Prince… Il a reçu le prix de l’Acte à Metz pour Une fin de semaine très ordinaire dans des territoires variés, le prix Radio France pour Chute libre, le prix des théâtres de verdure pour Dialogues fondamentaux, et il a reçu l’aide à la création du Ministère de la Culture pour Couleur de Cerne et de lilas. Il a publié les romans et récits Hier chantaient les lendemains, (l’Harmattan, prix Levarey-Levesque) Et si on arrêtait la mer (l'Harmattan) Contes et Légendes de Normandie (Nathan) Le théâtre du collège (Clé international) Un désordre ordinaire (Mercure de France). Il a publié aux éditions de l’Aiguille La Douce habitude de pleurer, Le Roman du Havre, Récits de Normandie (prix Auguste Voisin), l’essai Bleu Horizon, et Page à page chroniques littéraires. Les éditions du chameau ont publié ses Œuvres poétiques et le recueil Variations. Il a reçu le prix Jean Follain pour le recueil Fichue Météo (HB éditions). Ses œuvres furent notamment préfacées par Alain Le Métayer, Patrick Verschueren, Dominique Preschez, Anne Ubersfeld, Louis Velle, Gérard-Henri Durand, Philippe Ivernel, Philippe Meyer, Jean-Philippe Mestre, Gilles Costaz, Robert Abirached. Il a consacré des travaux universitaires à Armand Salacrou et Michel Vinaver, au drame romantique, à la crise de la comédie, au théâtre et le social…

Yoland Simon et la Hague

La famille de Yoland Simon est originaire du Cap de la Hague où beaucoup de ses parents demeurent encore. Le grand-père et la grand-mère paternel (famille Simon) vécurent à la ferme d’Yvelain, à Digulleville. La grand-mère acheva sa vie à Omonville-la-Petite (Hameau Mesnil) où elle décéda en 1965. Une autre partie de la famille se retrouva à la ferme de la Chesnaie, toujours à Digulleville. Le grand-père et la grand-mère maternel (famille Hervieu) vécurent au Hameau Divetain, à Omonville-la-Rogue. Leur petite fille (Josette Duval) y vit toujours avec certains de ses enfants. Le père, Jacques Simon, né en 1917, vécut sa jeunesse dans la ferme d’Yvelain, puis poursuivit des études au lycée de Valognes. Il exerça les fonctions d’instituteur de 1947 à 1952 à Tourlaville (Ecole des Mielles). Il finit sa carrière à Lapenty dans le sud de la Manche et  décéda en 2004 à Saint-Philibert, Morbihan. La mère, Augustine Hervieu, née en 1908, éleva ses trois enfants et décédera à Colpeau, Morbihan, en 2005. Elle est issue d’une famille nombreuse dont de nombreux descendants vivent toujours dans la Hague ou dans la région cherbourgeoise.

Yoland Simon est né en 1941 à Bailleul-la Vallée, dans l’Eure. Il est élève à l’école de Tourlaville Mielles de 1947 à 1952. Avec le reste de sa famille, il passe ses vacances dans la Hague, chez sa grand-mère d’Omonville-la-Petite, au Hameau Mesnil, puis chez celle d’Omonvillle-la-Rogue au Hameau Divetain.

La Hague a souvent inspiré Yoland Simon, dans ses œuvres théâtrales, poétiques ou romanesques.

La Hague dans l'oeuvre de Yoland Simon

HIER CHANTAIENT LES LENDEMAINS. Roman. Editions de l’Harmattan, 1991.

Le livre évoque l’école de Tourlaville Mielles, mais de nombreuses pages évoquent les vacances passées au Cap de la Hague.


JE L’AVAIS DE SI PRES TENU. Théâtre. In Chroniques villageoises. L’Avant-Scène N° 826. 1988. Pièce en huit scènes.

L’histoire se déroule dans divers lieux du Cap de la Hague. Elle évoque le pays dans les années qui suivent la Grande guerre. Les paysages de la Hague et la vie quotidienne de l’époque sont longuement évoqués.


LE PAYS. Nouvelle. In Et si on arrêtait la mer. Editions de L’Harmattan. 1994.

La nouvelle décrit longuement les alentours d’Omonville-la-Rogue et de Digulleville. Elle évoque aussi les coutumes de la région et la vie quotidienne dans les années cinquante.


COULEUR DE CERNE ET DE LILAS. Théâtre. L’Avant-Scène. N°985. 1996. Pièce en huit scènes.

L’histoire se situe à Omonville-la-Rogue et dans la ferme de la Chesnaie (Digulleville) Elle se déroule entre le 1er et le 20 juillet 1954, évoque sur l’arrière plan historique de l’après-guerre et du conflit indochinois, le drame de la tuberculose, la vie d’une famille et le quotidien au village.


MEFIEZ-VOUS DES GOUBELINS. In Contes et légendes de Normandie. Editions Nathan.1998.

Le récit évoque ces créatures légendaires de la Hague et se déroule à Digulleville, dans la ferme du Val-Ferrant (Gréville) et à Beaumont.


SUR LA ROUTE DES CONFITURES. Nouvelle. In Récits de Normandie. Editions de l’Aiguille. 2012. Le récit mettant en scène une histoire d’enfance se situe à Omonville-la-Petite, Landemer et Beaumont.


CAR IL EST MORT LE POETE. Nouvelle. In Récits de Normandie. Editions de l’Aiguille. 2012. L’histoire évoque la disparition de Jacques Prévert et se déroule à Omonville-la-Petite et Omonville-la-Rogue.


IL SUFFISAIT A L’ENFANT. Poèmes en prose. Soixante textes qui évoquent les vacances de l’enfant chez sa grand-mère paternelle à Omonville-la-Petite à la fin des années quarante.