Compagnie Aello

Service simple et accessible à tous

C'est parti

Les voix chères qui se sont tues

Mise en voix : paroles d'habitants de la Hague

Les voix chères qui se sont tues

A partir des enregistrements sonores  d'habitants de la Hague, réalisés par Floriane Anger-Valognes, directrice du manoir du Tourp, d'extraits de correspondances, d'extraits du livre de Félix Damourette Souviens-toi et souris, de recueils de témoignages, la compagnie Aello fait entendre les paroles d'habitants de la Hague qui ont vécu la période de l'entre-deux-guerres. A travers elles se dévoilent les habitudes, les coutumes, les croyances des habitants d'un territoire marqué par la grande guerre mais qui conserve intactes ses traditions. Le spectacle fait revivre les fêtes de famille, Noël, les Rois et les mariages. Il intègre des chansons liées à ces occasions.

Vendredi 7 décembre à 19h30 à l'espace culturel de la Hague


Samedi 8 décembre à 18 heures à la médiathèque de Jobourg


Dimanche 9 décembre à 15 heures à la médiathèque la Cotentine de Digulleville.

Mais pour se marier, il faut quand même bien se rencontrer et se parler...


Le dimanche, après les vêpres et avant de traire, on avait le temps de faire une promenade d'une heure et demie. Quand on allait traire, on se rencontrait.


On s'écrivait. Certains mettaient des petits papiers dans les côtis, dans les fougères.


Une fois, j'avais écrit un papier pour une et c'est une autre qui est tombée dessus...


Plus de la moitié des gens avaient des vaches. Même les femmes de pêcheurs avaient deux ou trois vaches. Donc tout le monde circulait pour aller traire, pour aller porter le lait et on pouvait se parler.


À chaque mariage, la fille avait un cavalier qui était désigné. Il y avait un garçon d'une famille qui avait comme cavalière une fille de l'autre famille. C'était aussi une façon de faire connaissance entre personnes qui ne s'étaient jamais rencontrées avant.


Je vais vous parler franchement, c'était pas un mariage à tout casser parce que sa mère voulait pas que je la fréquente. Il y avait quand même un froid. J'étais trop ordinaire. Elle aurait préféré un gros cultivateur ou quelque chose comme ça.


C'était surtout la terre et les vaches qui mariaient à cette époque-là. Si une fille avait une vingtaine de vaches et si dans les parages un garçon avait à peu près une vingtaine de vaches aussi, on disait : « ça serait bien...»

Une orange, une barre de sucre d'orge et une poignée de marrons. Le sucre d'orge, c'est une barrette. Il y en avait de plusieurs tailles. Mais c'est bon, ce petit machin-là. Maman me mettait aussi des fois un petit mouchoir de poche. Fleuri. Quand on était plus grands, on avait des mouchoirs ou des choses comme ça. Des choses utiles.

Moi je ne l'aimais pas le sucre d'orge, alors j'étais bien servie ! Une orange et c'est tout. Le sucre d'orge, il restait dans le coin. Un beau jour il se mettait à couler. Alors on le jetait.

Ta mère aurait quand même bien pu le manger !

On appelait ça du sucre d'orge, je ne sais pas ce qu'il y avait dedans. Il y en avait de plusieurs tailles : certains plus gros que le pouce.

Il fallait les casser par morceaux pour les manger.

Pour les jouets, on avait les restes des aînés.

Une poupée quand même...

Ben oui, mais toi t'étais la première et la dernière, mais moi je n'avais que les restes des aînés.

Lecteurs : Christine Corteso, Linda Henry, Jocelyne Leparmentier, Charlotte Gobert, Sophie Cordhomme, Marie-Cécile Broc, Monique Niderprim, Véronique Lucas, Patrick Lafon, Alain Benoist


Chanteurs : Basile Salmon, Etienne Poutrel, Patrick Lafon, Chorale d'Omonville-la-Rogue


Musique : Françoise Lecuirot