Compagnie Aello

Sweet Summer Sweat 

de

Laurent Contamin


Sweet Summer Sweat est une proposition kaléidoscopique sur le couple. Sur un couple.


Sept séquences : un homme et une femme, à des âges différents, des époques différentes aussi, peut-être. Une mère et son fils, deux jeunes ados, deux seniors dans une maison de retraite, un couple marié depuis quelques années déjà, etc… Il y a de la vérité et du jeu, des vraies-fausses rencontres et des vraies-fausses ruptures, des vrais-faux désirs et des vrais-faux personnages… Kaléidoscope, jeux de facettes, palais des glaces…


Chacune des séquences proposées peut être jouée, au choix, comme une scène réelle, ou comme une scène rejouée (parce que revécue), un flashback, un flash forward, une situation fantasmée, rêvée, cauchemardée… en caméra objective ou subjective… Franck et Lou sont-ils ? jouent-ils (un jeu bien rodé ? une improvisation ?)... Jouent-ils à jouer (avec la ritualisation de la parole et de l’action que cela peut demander) ? sont-ils des personnages que la « vraie » Lou et/ou le « vrai » Franck sont en train de rêver ? Qui sont les partenaires qu’ils semblent convoquer sur scène ? Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ? etc.


Ces « scènes de la vie conjuguée », construites autour de l’idée de la douce petite sueur d’été qu’occasionne le désir, oscillent entre futur antérieur, conditionnel présent et imparfait du subjonctif… Que se passerait-il si la/les « vraie(s) » séquence(s) (faut-il qu’il y en ait, d’ailleurs ?), étai(en)t : la première, la deuxième… la septième ? Quel degré de réalité pour les autres scènes, du coup ? Qui seraient la « vraie » Lou, le « vrai » Franck ? Quel serait le temps présent du théâtre et la chronologie réelle de la pièce ? Un travail de reconstitution du « vrai » couple, du moment et du lieu serait sans doute à faire. Et sans doute y aurait-il autant de Sweet Summer Sweat possibles que de reconstitutions.


Toutes les scènes sont réelles ou fictives, mais dans tous les cas vraies au sens théâtral du terme, en ce sens qu’elles engagent leurs protagonistes et qu’elles doivent être crédibles pour le spectateur. Rien n’est sûr, finalement, dans Sweet Summer Sweat, qu’une chose : ils se désirent.


Laurent Contamin

Texte lauréat des Journées des Auteurs de Lyon 2011 

Site de l'auteur : http://www.laurent-contamin.net/

Autopsie d'un grenier


Les rideaux blancs se lèvent progressivement sur une accumulation d'objets mystérieusement préservés. Pourquoi certains totalement insignifiants ont-ils été conservés alors que d'autres peut-être plus importants ont fini à la poubelle ? Les objets retrouvés font surgir immédiatement des épisodes partiellement oubliés. Franck et Lou retrouvent ainsi les souvenirs de leur vie ou se jouent une autre vie possible. Au bout du jeu, des objets sortis des voiles et des malles exposent leur intimité. La petite sueur d'été du désir, qu'elle prenne la forme de la sexualité impulsive des ados ou de la parole des seniors, colore peu à peu le décor de touches rouges.


Pour enchaîner les séquences, nous avons choisi de répondre à l'invitation du texte en poursuivant le jeu dans le jeu. Notre jeu est celui de l'exploration d'un grenier. Une sorte d'autopsie. Le grenier se présente en effet initialement comme une sorte de morgue des objets recouverts de voiles blancs.

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Le travail a donc d'abord consisté à mettre sur un plateau des objets extraits d'un vrai grenier, puis d'observer les rapports qui s'établissaient entre eux et le texte, ou bien entre eux et les personnages. L'expérience en somme du hasard objectif cher à André Breton. Et la recherche de ce plaisir particulier des rencontres fortuites auquel se réfère Lautréamont :« Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie. »


Le grenier nous a offert des images de Franck et de Lou : un ours et une poupée ancienne, la photo d'un couple, une canne et un parapluie, un trophée de victoire viril et une statue de bretonne recueillie...


Les systèmes d'échos du texte ont été prolongés par de nouvelles résonances : des tableaux représentant la Bretagne, des agrumes, le trophée en régule, « cette saveur de cuivre, de terre brûlée, douce sueur d'été à ma langue », une reproduction du « bain turc » d'Ingres qui prenait tout à coup une allure de club échangiste, etc.